On a beaucoup parlé de B2C (Business to Consumer) et de B2B (Business to Business) ces dernières années et quelques sites C2C (Consumer to Consumer) comme Ebay ou Priceminister sont très populaires. Actuellement, on parle de plus en plus de B2E (Business to Employee) pour définir la relation de l'entreprise vers ses employés ou de C2G (Consumer to Government) pour des applications permettant de mettre en contact le citoyen avec son gouvernement (vote ou déclaration d'impôt en ligne par exemple).
Mais qu'en est-il du C2B (Consumer to Business) ?
Le C2B correspond à un modèle commercial dans lequel les consommateurs (les particuliers) sont au service de l’entreprise en apportant un produit ou une prestation et non le contraire comme c’est le cas traditionnellement.
Ce type de système économique est qualifié de business modèle inversé. Deux évènements ont rendu possible l’émergence de ce nouveau type de relation commerciale. D’une part, l’avènement des réseaux informatiques a permis à moindre frais de mettre en relation un très grand nombre de personnes; d’autre part, le développement des technologies et la baisse des coûts qu’il a engendré, a donné aux particuliers, accès à des technologies autrefois réservées aux entreprises (ordinateurs, moyens d’impressions et d’acquisition numériques, logiciels performants).
Certains modèles sont abusivement associés au C2B, c'est le cas des places de marché en ligne comme HappyMany et des sites de comparaison de prix comme kelkoo ou froogle. Ces services proposent effectivement une interaction entre les consommateurs et les entreprises quelque peu différente des modèles B2C classiques, cependant ces types de commerce ne peuvent pas être associés de façon claire au C2B, en effet la demande est toujours le consommateur; l'offre toujours l'entreprise, rien de très innovant.
Il n’y a que peu de cas d’entreprises dont le business model peut être apparenté à du C2B même si l’émergence des blogs pourrait venir changer la donne.
Les régies publicitaires ou les programmes d’affiliation sont les exemples les plus évidents de modèle C2B, ce sont les particuliers qui par l’intermédiaire d’une plateforme vont afficher sur leur site personnel des publicités commerciales au bénéfice d’une entreprise (l'annonceur). On peut par exemple citer le cas de Google AdSense, de TradeDoubler ou bien par exemple le programme d’affiliation d’Amazon.
Les sites d'étude de marché qui rémunèrent un consommateur lorsque celui-ci répond à un questionnaire sont aussi des cas de modèles C2B comme GozingSurveys ou W3place. Dans ce cas-là, la demande est bien l'entreprise qui cherche à réaliser une étude de marché, et l'offre est bien le panel de personnes rémunérées ou récompensées pour répondre à un sondage.
Les blogs en donnant au grand public la possibilité et les outils pour communiquer et s’exprimer de manière aisée, professionnelle et à moindre coût pourraient permettre d’ouvrir la voie à de nouvelles applications C2B et C2C. La nano-publication (ou nano-publishing en anglais) est une application concrète de modèles C2B ou C2C au phénomène des blogs; des amateurs s’expriment sur des sujets dont ils sont experts à travers des blogs verticaux (TheSocialMediaGroup) et sont rémunérés à la brève ou commissionnés sur les revenus publicitaires générés par la fréquentation de leurs blogs. Podcasting, videocasting ou RSS sont autant de nouvelles opportunités qu’offrent les blogs pour développer de nouveaux systèmes économiques et générer des revenus alternatifs.
Les plateformes comme Fotolia ou Google Vidéo par exemple sont aussi des modèles C2B naissants. Grâce à ces plateformes, chacun a la possibilité de mettre en vente son contenu numérique (photos, illustrations, icônes, animation, flash) à destination des entreprises. Les contenus créatifs sont parfaitement compatibles avec les modèles C2B car ils requièrent une technologie accessible (coût de production réduit), sont facilement échangeables (coût logistique réduit) et ne sont pas périssables (coût de stockage réduit).
Ce nouveau type de relation va à l’encontre des structures économiques établies et introduit ainsi de nouveaux comportements sociaux-économiques qui ne sont pas déterminés par nos lois ou par des schémas préexistants. Par exemple, le C2B impose que chaque particulier soit légalement capable de recevoir de l’argent et de facturer, le statut de micro-entreprise, théoriquement le plus adapté, n’est toujours pas assez flexible. D’autre part, le problème du paiement se pose. Si une entreprise traditionnelle ne doit payer un salaire qu’à un groupe limité et homogène d’employés, les intermédiaires C2B sont amenés à rémunérer un groupe hétérogène potentiellement important et se heurtent à une multitude d’obstacles : petites sommes donc frais relatifs importants, hétérogénéité des moyens de paiement, nombre important de personnes à rémunérer, langues, devises et localisation diverses.
Pour palier à ces problèmes, les solutions retenues diffèrent selon les plateformes. Le programme Google AdSense par exemple rémunère les webmasters par envoi de chèque en dollars, donc des frais d’envoi pour Google et des frais de conversion pour les webmasters européens. Le chèque n’étant pas la panacée, certains acteurs se tournent vers le virement bancaire mais se heurtent à l’impopularité de ce type de versement dans certains pays (France par exemple). Certains utilisent des nouvelles solutions alternatives adaptées. La solution Paypal, rachetée il y a deux ans par ebay, propose une plateforme de paiement permettant de faire des transactions de particuliers à particuliers ou de particuliers à entreprises via un compte virtuel identifié par une simple adresse email. Ce type de modèle est promu à un avenir certain avec la révolution C2B, c’est en effet à l’heure actuelle la plus pratique et la moins chère des solutions pour rémunérer n’importe qui, n’importe où!
La relation commerciale C2B est une révolution car elle introduit un nouveau modèle économique collaboratif qui ouvre la voie à de nouvelles applications et peut à terme introduire de nouveaux comportements économiques.
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